Leo
Leike était à Boston en exil, le voici qui revient. Il y fuyait la
romance épistolaire qui l'unissait en esprit avec Emmi. Elle
reposait sur trois principes : pas de rencontres, pas de chair, pas
d'avenir. Faut-il mettre un terme à une histoire d'amour où l'on ne
connaît pas le visage de l'autre ? Où l'on rêve de tous les
possibles ? Où l'on brûle pour un(e) inconnu(e) ? Où les caresses
sont interdites ? "Pourquoi veux-tu me rencontrer ?"
demande Léo, inquiet. "Parce que je veux que tu en finisses
avec l'idée que je veux en finir" répond Emmi, séductrice.
Alors, dans ce roman virtuose qui joue avec les codes de l'amour
courtois et les pièges de la communication moderne, la farandole
continue, le charme agit...
Ma PAL abrite des romans
qui sont des sortes de garde-fous pour les temps difficiles, ces
moments où, alors que la frénésie du boulot m'aspire dans sa
spirale infernale, je deviens hésitante sur le choix de mes
lectures. De la romance ? Non, pas envie... De la littérature
asiatique ? Non plus... Russe ? Non, non... Un peu de
contemporaine française ? Bof... Une fresque historique ?
Pourquoi pas, mais celles qui trônent dans ma bibliothèque font
toutes cinq cents pages minimum, et cinq cents pages, quand on est
fatiguée, surtout si on n'accroche pas, ça peut vite tourner au
calvaire.
Dans ces mêmes moments,
l'angoisse me guette, tapie dans l'ombre de mon cerveau. Je dois
lire, j'en ai besoin, je le sais... La panne de lecture est un
concept qui m'est étranger. Lire, oui, mais quoi ? Arggg... Mes
ongles souffrent, mes mains entament un ballet avec ma bibliothèque,
sortant les ouvrages, les feuilletant pour les remettre finalement en
place. L'indécision. Quoi de pire ?
C'est la raison pour
laquelle j'ai des livres garde-fous... Ces livres dont je sais que
l'histoire m'accueillera tout de suite, dont l'histoire me bercera et dont la fin me laissera un sentiment de bien-être. Parce que les
livres garde-fous, ils me sont essentiels...
La Septième vague
fait partie de ces romans-parapluies qui s'ouvrent pour affronter les
vents et les pluies de la tempête de travail, de ces romans qui
vous emmènent à mille lieux de votre quotidien pour vous murmurer
des mots doux à l'oreille.
L'ouvrage commence peu de
temps après le moment où s'est terminé Quand souffle le vent du nord. Emmi et Léo ne comprennent pas ce qui leur est
arrivé. Cette rencontre, d'abord superficielle, quelques bons mots
échangés par mail, puis des courriers plus consistants, cette
relation naissante, de l'amitié, et puis quoi ?
Difficile de faire
cohabiter ces deux existences, ces deux univers. Difficile de croire
que tout est possible.
La Septième Vague sera
le tome des décisions, de ce que l'on veut, de ce que l'on est prêt
à faire, pour soi d'abord, puis pour et avec l'autre.
Cette déferlante qui
s'est abattue sur moi n'a pas failli. J'ai retrouvé avec plaisir la
correspondance d'Emmi et Leo, ces courriers modernes où l'on ose se
dire des choses qu'on ne se dirait peut-être pas dans la réalité.
L'heure des doutes est là, mais cette relation née d'un irréel
s'ancre dans le réel. Je ne veux pas trop en dévoiler pour ne
pas gâcher votre lecture, mais sachez juste que j'ai tout autant
apprécié cet ouvrage que Quand souffle le vent du nord.
J'ai retrouvé cette légèreté teintée de gravité, cette langue
agile et tellement agréable à lire, ce questionnement vers le
changement. J'avais bien raison, La Septième Vague était un
garde-fou...

