jeudi 12 février 2015

Deidad (Deity), Saga Covenant, tome 3, Jennifer L. Armentrout


         (Traduction personnelle) Alexandria n'est pas très sûre d'arriver jusqu'à son dix-huitième anniversaire, jusqu'à son réveil. Un ordre de fanatiques oublié depuis longtemps veut la tuer, et si le Conseil découvre ce qui s'est réellement passé dans les Catskills, tout sera terminé pour elle... et aussi pour Aiden.
         Et comme si ce n'était pas suffisant, plus Seth et Alex passent de temps à « s'entraîner », plus les marques de l'Appolyon apparaissent sur son corps. Son Réveil est proche.
         Une surprenante révélation la déchirera entre l'Amour et le Destin. L'un fera tout son possible pour la protéger. L'autre lui a menti depuis le début.
         Maintenant que les dieux ont daigné apparaître, déchainant leur ire, beaucoup de vies changeront de façon irrévocable... ou seront détruites.
         L'Amour sera-t-il réellement plus fort que le Destin ?
 ----------------------------------------
Résumé des Chroniques de la Liste-noire-des-livres-interdits.
Une sombre menace plane sur nos livres-chéris, sur ces ouvrages qui nous transportent jusqu'à pas d'heure dans la nuit et nous font rêver encore et encore dans la journée : les Dieux-de-tous-les-trucs-de-la-mer-et-de-la-terre les ont déclarés « dangereux pour l'humanité », et nous somment, nous, les humbles lecteurs, de les leur livrer. Voici l'histoire de notre rébellion! 
  ----------------------------------------
         – Les filles ? Vous êtes là ? Hey, il y a quelqu'un ?
         J'ajuste tant bien que mal un des écrans d'ordinateur qui siègent devant moi. J'ai réuni tout le matériel que j'ai pu trouver à la maison, n'hésitant pas à affronter les toiles d'araignées du grenier pour y dénicher mon vieux PC. Il fait le bruit d’un avion au décollage, mais fonctionne encore. Mon ordi portable, celui qui aime prendre le frais sur le toit de ma voiture, une tablette achetée pour notre cause, et même mon téléphone portable que j'ai configuré sur le wifi de la maison, lui tiennent compagnie. J'ai installé le tout tant bien que mal sur mon bureau trop étroit, et me suis calée dans ma chaise de bureau, non sans oublier mon précieux coussin.
         – Les filles, commencé-je à chantonner, vous êtes làààààà ?
         – Ah non, on a dit que tu ne chantais pas ! Tu vas nous faire repérer !
         L'image de Melliane apparaît sur l'écran de l'ordi portable. Ses boucles folles lui arrivent devant les yeux et elle les écarte d’un geste affirmé. Sa douceur n'a d'égal que sa détermination.
         – Oui, on ne chante pas ! On a plus important à faire, continue Le Chat du Cheshire qui me fait un coucou de la main tout en prenant une gorgée de son chocolat chaud.
        Son jogging noir me laisse supposer qu'elle était à son entrainement de Krav-Maga. Elle prend notre mission très à cœur. C’est notre cas à toutes, Johanne et moi avons même laissé tomber le Nutella.
         Nous avons plus important à faire, c'est un fait. L'opération « A-la-rescousse-de-tous-les-livres-interdits » a commencé. Aujourd'hui, nous allons poser une autre pierre de l'édifice. Nous avons mis de côté le recrutement de notre armée, pour nous concentrer sur un élément essentiel, le pilier sur lequel nous reposer. Il nous faut un second, une sorte de chef pour nos troupes, quelqu’un qui nous épaule pour les décisions stratégiques. Un homme, un vrai. Alors, nous allons passer une petite annonce.
         – Bon, on s'y met ? demande Roanne en tapant dans ses mains.              Elle ne parvient pas à dissimuler le large sourire qui barre son visage. C'est une femme d'action, comme nous toutes.
         Bizarrement, toutes les filles ont trouvé géniale cette idée de petite annonce. Trouver un créneau commun pour faire notre visioconférence a été aussi facile que de traverser la rue quand il y a pénurie d'essence. En trente secondes tout était réglé.
         – On met quoi dedans ? s’impatiente Le Chat du Cheshire.
         – Oui, on met quoi ?
         – « Groupe de jeunes femmes recherche jeune homme pour les aider dans une entreprise de la plus haute importance », attaque Johanne
         – Jeune homme musclé et athlétique, et qui pratique les arts martiaux, précise Melliane
         – Et agile, s'écrie Le Chat, c'est important l'agilité.
         Dans un même souffle, nous acquiesçons toutes. C'est un critère essentiel même. Aiden et Alex sont vraiment très agiles. Là est la clé pour faire face à tout ce qui leur arrive. La menace ne vient pas seulement des Daemons, il faut toujours se méfier de l'eau qui dort et des apparences.
         – Il faut aussi qu'il soit compréhensif, et tendre... souffle Roanne, juste au cas où...
         Tout à fait d'accord. Heureusement qu'Aiden est tel qu'il est, et pas simplement une machine de guerre, parce sinon, qu'en serait-il d'Alex ? Parce l’auteure ne l’épargne pas du tout cette pauvre Alex, mais alors pas du tout.
         – Et qu'il ait de l'instinct. On n’a toujours pas trouvé de lunettes pour repérer les méchants.
         Ah oui, l'instinct... Alex aurait mieux fait d'écouter celui d'Aiden plutôt que le sien, qui sur ce coup a plutôt été mauvais conseiller.
         – Fiable, il doit être fiable, ajoute Johanne d'un air sérieux. J'opine tout aussi sérieusement tandis que mon stylo court sur le papier.
         La fiabilité est la voute de toute opération. Aiden l'est, et en toutes circonstances, et vu la fin de ce tome (Oh my god, quelle fin!), ça va être encore plus important ! Jennifer L. Armentrout a vraiment décidé de jouer avec mes nerfs… Ou avec mes ongles que je n’ai pas épargnés pendant cette lecture.
       – Bon, je récapitule : «  Groupe de jeunes filles recherche jeune homme musclé et athlétique pour les aider dans une entreprise de la plus haute importance. Doit être fiable, compréhensif et tendre, et avoir une grande connaissance des arts martiaux, surtout le Krav-Maga. »
       Je fronce les sourcils et poursuis :
     – Euh, les filles... Vous êtes sûre que c'est une petite annonce pour trouver un espion ça ? On dirait la description de l'homme idéal... Il ne manque plus qu'une allusion à ses aptitudes en cuisine...
        – Un espion doit être l'homme idéal... assène Le Chat sur un ton ferme.
        C'est vrai qu'en y réfléchissant, Aiden, c'est un peu l'homme idéal...
     
     Soudain, les écrans devant moi se brouillent. Une neige grésillante prend la place du visage de mes amies.
     Une inscription apparaît et se répète sur chacun des écrans :
Suivre un sentier sacré il faudra,
Arrêter de respirer vous devrez
Pour terrasser le lion, agneaux vous serez
Libérer les déferlantes vous pourrez
Mais la fin ne sera pas,
Juste le commencement.
    – Les filles, m'écrié-je d'une toute petite voix, je crois qu'on a notre prophétie !

samedi 7 février 2015

Coraline, Neil Gaiman

Coraline vient de déménager et découvre son environnement, une étrange maison qu'elle et ses parents partagent avec des voisins peu communs : deux anciennes actrices et un vieux toqué éleveur de souris savantes. "Je suis une exploratrice !", clame Coraline. Gare pourtant : derrière la porte condamnée, un monde magique et effrayant l'attend.

Lorsque l'on pense conte de fées, on pense le plus souvent à Wall Disney et aux contes pour enfants, en oubliant bien souvent que ceux-ci ont une origine beaucoup plus adulte, et qu'ils arboraient souvent des teintes terrifiantes. Les fées qui peuplaient ces histoires que l'on se racontait le soir, autour d'une tablée, n'avaient souvent rien à voir avec la fée Clochette. Elles se drapaient d'obscurité et c'est cette version que j'ai retrouvée dans L'océan au bout du chemin. J'avais adoré ce retour aux sources du conte, cet univers aux différentes tonalités de nuit, qui affichait une candeur toute enfantine avec en toile de fond une noirceur très adulte.

Naturellement, j'ai voulu continuer l'aventure « Gaiman », et ai sorti Coraline de ma PAL.

Ce qui m'avait tant plu dans Un océan au bout du chemin est bel et bien présent. La sensation de pénétrer dans un monde interdit, où se mêlent fiction et réalité dans une mélodie envoûtante aux sonorités parfois effrayantes.

Qu'y a-t-il derrière cette porte ? Coraline s'ennuie, et il y a cette porte, qui l'appelle, sérénade irrésistible. Alors, elle l'ouvre. Et l'autre monde apparaît.

Je suis sortie mitigée de cette lecture, j'ai choisi ce livre parce qu'il était court. Je suis fatiguée, et un livre trop épais me fait franchement peur en ce moment. C'est donc logiquement que je me suis tournée vers ce petit livre. Mais malheureusement, les reproches que je pourrais lui faire viennent précisément du fait qu'il soit si court. L'histoire, simple, presque anodine aurait gagné à être développée davantage, pour donner au récit cette tension qui lui fait défaut. J'ai senti des ébauches de frissons devant les « autres », mais ils n'ont pas dévalé mon échine. Tout est allé vite, trop vite...

Malgré cette critique, je n'en ai pas fini avec Neil Gaiman. Un livre auquel l'on reproche d'être trop court en appelle obligatoirement d'autres du même auteur.

mercredi 4 février 2015

Pure, Tome 2 saga « Covenant », Jennifer L. Armentrout

Il y a la nécessité.
Et ensuite, il y a le Destin

Etre destinée à devenir une recharge d'énergie surnaturelle n'est pas si génial que cela, surtout quand l' « autre moitié » d'Alexandria la suit partout où elle va. Et que Seth apparaisse dans la salle d'entraînement, à la fin des cours, ou à la porte -ou à la fenêtre- de sa chambre n'est définitivement pas quelque chose de génial. Même si leur connexion a quelques avantages, comme éloigner les cauchemars qui rôdent après ce qui s'est passé avec sa mère, elle n'a aucun effet sur les sentiments interdits qu'éprouve Alex pour Aiden, le pure. Ni sur ce que lui va faire, et sacrifier, pour elle. (Traduction personnelle) 
--------------------------

Résumé des Chroniques de la Liste-noire-des-livres-interdits.
Une sombre menace plane sur nos livres-chéris, sur ces ouvrages qui nous transportent jusqu'à pas d'heure dans la nuit et nous font rêver encore et encore dans la journée : les Dieux-de-tous-les-trucs-de-la-mer-et-de-la-terre les ont ont déclarés « dangereux pour l'humanité », et nous somment, nous, les humbles lecteurs, de les leur livrer. Voici l'histoire de notre rébellion !
----------------------------
Liste de ce que l'on doit faire avant de se lancer à l'assaut du Donjon-des-livres-interdits

    Assise en tailleur sur l'épais tapis de ma chambre, je tapote mon stylo contre mes lèvres. Par quoi commencer ?

-Trouver une stratégie
   C'est évident, une stratégie est le pilier de toute action. C'est indispensable une stratégie. On ne va nulle part sans stratégie. Il faut anticiper et ne pas se laisser porter par ses émotions. Enfin, ça dépend, parce que ça réussit assez bien à Alex finalement... Bon, d'accord, pas toujours.
   Je me redresse légèrement et me concentre pour canaliser mon cerveau qui a une fâcheuse tendance au vagabondage en ce moment. J'ai même oublié mon ordinateur portable sur le toit de ma voiture et ai traversé toute la ville avec lui prenant l'air comme un chien à la fenêtre, sauf que lui, il se baladait sur le toit. Je fronce les sourcils. Concentre-toi ma fille, concentre-toi.
   Armée de mon stylo dont l'extrémité arbore fièrement une plume rose bonbon qui se tortille au gré de mes mouvements, je fais glisser la pointe sur le papier dans un léger crissement :

-Avoir une prophétie
  Une prophétie, ça donne toujours des indices, si on sait l’interpréter correctement. Ce que ne fait pas Alex justement. Là est d'ailleurs tout le problème. On n'écoute pas les sages, on n'en fait qu'à sa tête, et boum...
    Un menu problème se profile malgré tout : ça se trouve où une prophétie ? Pas au supermarché, c'est sûr... Réfléchissons. Qui dit « prophétie » dit « oracle ». L'un ne va pas sans l'autre. Je souligne à plusieurs reprises le mot « Oracle ». 
   La plume de mon stylo s'agite dans tous les sens. Nous allons écrire l'histoire les filles, je suis sûre qu'on parle de nous là-haut. Il y a bien des Dieux-de-tous-les-trucs-de-la-mer-et-de-la-terre, un Père Noël malfaisant qui œuvre pour l'extermination de nos livres-chéris... Alors, il y a certainement une prophétie sur nous quelque part. Il n'y a plus qu'à la trouver. Mon regard erre sur le plaid écossais en patchwork qui couvre mon lit. On ne sait jamais, elle se cache peut-être dans les coutures irrégulières. Rien, le néant. Bon, il va falloir creuser cette piste. Les filles : Melliane, Le Chat du Cheshire, Johanne, Roanne, Miss Pendergarst et toutes celles et ceux qui s'uniront à notre lutte, des idées ? Je ferme les yeux très fort et me concentre. La télépathie. Je les rouvre très vite. Non, mauvaise idée, très mauvaise idée, je me suis déjà trompée de canal... (Je chuchote : les filles?)

-Avoir des supers pouvoirs.
   Ça serait quand même pratique d'avoir des supers pouvoirs. On pourrait se fondre dans le paysage, se téléporter jusqu'au donjon ou faire jaillir des boules de feu de la paume de sa main pour terrasser taureau ou rennes. Mon postérieur aurait apprécié. Oui, ça serait vraiment bien. Alex de Puro en a. Enfin presque. Ils vont bientôt se réveiller. Et ça va être génial. Sauf si on omet évidemment qu'elle est destinée à décupler la force de Seth, et qu'elle va peut-être disparaître. Pas si génial que ça finalement les super pouvoirs.

-Développer le souffle et l'endurance.
   Melliane a eu du mal avec ses nouvelles bottes quand l'autruche nous a poursuivies tout bec dehors dans le zoo. Et moi, euh... joker... Mais Alex, on a l'impression qu'elle pourrait courir pendant des heures. C'est d'ailleurs ce qu'elle fait, il y a plein d'action dans ce volume ! Pas de répit ! Oui, une bonne condition physique c'est indispensable. C'est décidé, j'arrête le Nutella.

-Développer des techniques de combat.
   Il faudrait que je demande au Chat si elle a des idées. Peut-être qu'on devrait embaucher Aiden pour nous entraîner? Oh oui, ça serait une super idée. Je suis sûre que les filles adoreraient. Un bel entraîneur au physique avantageux, aux réflexes phénoménaux, et à la gentillesse qui n'a d'égal que son sex appeal (qui est énorme !! Euh, le sex appeal les filles, on ne s'emballe pas!) Seul problème, il est dévoué corps et âme à Alex (Long soupir...).

-Avoir une armée.
   Non, parce que si les Dieux-de-tous-les-trucs-de-la-terre-et-de-la-mer ont une armée semblable à celle des Daemons de ce tome 2, on est mal, très mal. Nini est rapide, Sumi imparable, mais bon, pas suffisant. Et le tigre du zoo... Bof...

-Créer des lunettes spéciales pour repérer les méchants.
   Si j'ai appris une chose ces derniers temps, c'est que l'habit ne fait pas le moine. Le Père Noël ? A la solde des Dieux. Le taureau du champ de mon voisin ? Un espion. L'autruche ? Une garce. Oupsss, pardon pour ce vilain mot. Certes, elle a épargné mon séant sérieusement malmené par nos aventures, mais heureusement que je vais chez le coiffeur jeudi : elle m'a arraché des mèches entières de cheveux. Ce volume 2 me le confirme, il faut toujours se méfier des apparences. Il y a des personnages qui jouent un double jeu, j'en suis convaincue, même s'ils ont un visage angélique...

-Localiser le Donjon.
   Ah oui, un autre point utile... Mais ça, c'est comme la prophétie, ça ne pousse pas dans les coutures d'un vieux plaid écossais. Il va falloir être rusées, nous jouer de la Cerbère pour obtenir des informations. Ou embaucher un espion. Mais un beau... Un comme Aiden. Bon, je vais en parler aux filles, elles ont des contacts, j'en suis sûre. Et si on passait une petite annonce ?

   Je tends les bras pour contempler avec un peu de recul cette liste formidable que je viens d'élaborer. L'ébauche d'un plan, les prémices d'une organisation. Les fondements de notre rébellion.

   Les filles, vous êtes prêtes ? Ça va commencer !



mercredi 28 janvier 2015

Les enfants de la liberté, Marc Levy

Jeannot, Tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumettre au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains.

Si on m'avait dit qu'un jour je ferais un post sur Marc Levy...

Je reconnais des qualités à Marc Levy, ma mère l'adorait. Ses romans la faisaient voyager. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles je les ai presque tous dans ma bibliothèque. Une de mes meilleures amies en est également fan, mais moi... Je trouve que souvent, ce n'est pas assez abouti. Cela me laisse un goût d'inachevé dans la bouche. Les fondations sont bonnes, la plume agréable, mais il manque ce petit quelque chose qui fait que je n'arrive pas à oublier ce qui m'entoure quand je le lis. Ses romans ne m'habitent pas, ils glissent sur moi comme l'eau sur une toiture.

Mais ça, c'était avant de lire Les enfants de la Liberté

Si on m'avait tendu le livre en dissimulant l'identité de l'auteur et en me disant simplement « Lis », je n'aurais jamais deviné qu'il s'agissait de Marc Levy.

Le sujet m'intéresse beaucoup, c'est un fait. Les origines de mon père, ce lourd secret familial qu'il emporta dans sa tombe y sont pour beaucoup. J'ai envie de comprendre, de comprendre mon père et ses fêlures, de comprendre ce qui l'a forgé ainsi, ce qui a tanné ce cuir tellement épais et tellement difficile à transpercer. 

Mais ce n'est pas seulement cela. Je me souviens des histoires de Mémé, ma grand-mère maternelle, cette conteuse formidable, qui, assise sur un banc, l'été, à la lueur de la lune, me racontait des histoires de couvre-feu et de sorties en vélo interdites. Cette Histoire fait partie de mon histoire familiale, de mon patrimoine, de ce que je suis finalement. Les parents de ma grand-mère ont caché des résistants dans le toit de la grange, ma grand-mère paternelle a eu un enfant avec un allemand. C'est notre histoire.

J'ai donc fait fi de mes préjugés pour me lancer dans ce roman. Je ne le regrette pas. Le sujet est grave, traité avec une délicatesse bienvenue. M. Levy a offert à son père, Jeannot, le plus beau des cadeaux : il a raconté son histoire. Et sa plume, celle de l'écrivain qui ne savait pas m'embarquer, m'a capturée dans ses filets pour ne plus me lâcher. Véritable mer d'émotions, j'ai plongé dans cette époque qui a vu naître mon père, je me suis enfouie dans la mouvance de cette résistance du sud qui ne pouvait pas s'engager, mais le faisait quand même à sa manière. J'ai tremblé, j'ai pleuré, j'ai ri, j'ai vécu...

Et c'était pourtant du Marc Levy...

dimanche 25 janvier 2015

The Mortal Instruments, Tome 3, La cité de verre, Cassandra Clare

La lutte entre le bien et le mal se poursuit. Valentin rassemble son armée pour éradiquer la lignée des Chasseurs d'Ombres. Clary se rend dans la Cité de Verre afin de sauver sa mère et découvrir son passé. S'introduire dans la Cité sans l'autorisation de l'Enclave n'est pas sans danger... Au cours de sa quête, Clary rencontre Sébastien, un garçon énigmatique. Avec lui, elle comprend que le seul moyen d'arrêter la fureur de Valentin est de former une alliance entre Chasseurs d'Ombres et Créatures Obscures. Comment conclure une telle union ? Clary saura-t-elle maîtriser ses nouveaux pouvoirs à temps pour cet ultime affrontement ?

Avertissement: « Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite »

-----------------------------------------------

– Quelqu'un peut m'expliquer ce qu'on fait dans la baraque à frites d'un zoo de seconde zone ? grommelle Johanne, le nez rougi à cause du vent qui nous agresse à travers les fenêtres ouvertes du local.
– Ben, on commande des frites, rétorque Melliane, son menton ressortant à peine de l'écharpe vert pomme qu'elle porte pour l'occasion.

Je jette un coup d'oeil à la ronde, empêchant comme je le peux mes dents de s'entrechoquer.

– Et puis, ce n'est pas une baraques à frites, c'est un restaurant très convivial, dis-je en me tortillant sur ce banc trop dur, refusant de voir les vestiges de ce qui fut, jadis, une baraque à frite reluisante et qui donne maintenant plutôt l'impression d'être un mauvais manège à frissons d'un champ de foire.

Melliane me donne un coup de coude.

– J'en connais une qui a oublié son coussin !

Roanne éclate de rire, aussitôt accompagnée par MissPendergast.
Muée par une volonté propre, ma langue sort de ma bouche. Pas très mature comme réaction je le reconnais, mais c'est tout ce que j'ai en stock sur le moment. Le froid a congelé mes réflexes. Mon postérieur porte les séquelles de nos combats précédents.
Le Chat du Cheshire tape dans ses mains pour nous rappeler à l'ordre, à moins que ce ne soit pour se réchauffer.
Dans un seul et unique mouvement, nous nous raidissons. Le Chat, c'est le chef logistique de notre groupe. C'est elle qui nous a fait venir ici, pour le recrutement nous a-t-elle dit. Mais hormis une autruche qui a décrété, depuis son enclos, que nous offrions un spectacle digne d'intérêt, je n'ai rien vu de bien intéressant. Tous les animaux semblent être entrés en hibernation.

– L'heure est grave, assène-t-elle. Nous devons agir. Je n'ai pas envie que Les luminaires finissent sur la liste-noire-des-livres-interdits.

Nous secouons toutes la tête frénétiquement. Aucune d'entre nous n'a envie de livrer un ouvrage à cette maudite liste. Nous avons cédé, au début, par inexpérience. Nous ne savions pas. Mais ce temps-là est révolu. 

Même sous la torture je ne dirai pas combien j'ai aimé le tome 3 de The Mortal Instrument. Je tairai la nuée de papillons qui s'est agitée dans mon ventre tout au long de l'évolution de la relation entre Clary et Jace, ou ma gorge qui s'est serrée avec la montée en force de Valentin. Je passerai sous silence ce rythme qui caractérise toute la saga, sans jamais décroître, l'humour bien présent qui donne un soupçon de légèreté à l'ensemble, ces personnages si attachants-Simon le premier- et les thèmes bien d'actualité qu'elle aborde (comment bien grandir quand on est différent, comment s'assumer quel que soit notre âge, a-t-on droit aux secondes chances ?...) Oui, je tairai tout cela et supporterai stoïquement le courroux des Dieux-de-tous-les-trucs-de-la-terre-et-de-la-mer. Je supporterai les pires des tortures et mes lèvres seront scellées. Je ne participerai pas à cette macabre entreprise.

– Ça y est, elle divague, soupire Melliane.

Oups, j'ai dû parler à voix haute, ça m'arrive parfois. Enfin, souvent. Je lui tire une nouvelle fois la langue, et m'oblige à afficher un air concentré.

– Bon, récapitulons, on a besoin d'une armée pour attaquer le Donjon-des-Livres-Interdits. C'est notre nouvel objectif. On a Nini en Chef de commando, et le chat de MissPendergast en second.

Les livres-Addictes opinent toutes.

– Et j'ai un nouveau candidat.

Je sors mon téléphone portable.
– Sumi. Une technique imparable : le placage de ses adversaires au sol et l'immobilisation. Etouffement. Radical.

Le Chat fronce les sourcils, et je vois son cerveau qui s'agite. Elle réfléchit.

– Je vous ai déjà dit que je n'aime pas les autruches ? déclare soudain Melliane en frissonnant. Il y en a une qui n'arrête pas de nous fixer depuis tout à l'heure.

Nous nous retournons, l'autruche n'a pas bougé d'un iota, de temps en temps, son bec tressaille, mais rien de plus, pas même une plume.

– Bon, Le Chat a parlé d'un tigre, si on allait voir le tigre de ce zoo ? propose Johanne visiblement pressée de se lever.

Je ne peux qu'acquiescer, le regard de l'autruche me fait froid dans le dos. Il m'est familier, mais je ne compte pas d'autruches dans mon cercle proche. Des chats, des chiens, des chevaux, je connais aussi une chèvre... Mais non, pas d'autruche.

Des papiers gras et décolorés jonchent le sol des allées du zoo Nous les arpentons à la recherche du tigre. Les températures ont encore chuté. Melliane peste contre ses collants trop fins, et moi contre la disparition de mes gants.

– Là, il est là !

Le Chat fait des bonds de joie.

– Je savais qu'ils en avaient un. Et un blanc.

Effectivement, il y a un tigre blanc. Immobile. Etendu de tout son long. Avec des plaques de poils en moins. Et les os saillants. Mouais... Nini n'en ferait qu'une bouchée...

Le Chat arbore un grand sourire.

– Impressionnant non ?

Je suis sur le point de lui demander si elle veut que je lui prête mes lunettes, quand je sens Melliane qui me tapote sur l'épaule.

–  Euh, les filles, je crois qu'on est suivies.

Nous nous retournons toutes dans une unité qui me réchaufferait le cœur si je ne découvrais pas deux yeux perçants rivés sur nous. L'autruche se trouve à trois mètres de nous, et son bec semble plutôt pointu...

PS : J'avais dit que je m'arrêterais au tome 3 de cette saga, mais euh... comment dire... J'ai le 4 et le 5 dans ma PAL. Ils ont sauté tout seuls dans mon panier, je le promets (en croisant les doigts derrière mon dos.) Le premier qui dit que je suis faible, je lui envoie Sumi ! Oups, chuuut, l'autruche est là...

samedi 24 janvier 2015

Voyage de noces avec ma mère, Véronique Sels

Anne, fraîchement mariée à Raphaël, choisit la côte Ouest des États-Unis et une Ford Mustang rouge décapotable pour son voyage de noces. Joyeuses perspectives pour ce duo amoureux. Mais c’est sans compter sur sa mère, en plein divorce, qu’ils embarquent avec eux, n’ayant pas le coeur de la laisser seule avec son chagrin.

Décidément, la Masse critique de Babelio (Merci Pierre Krause!) est source de bien belles surprises. Un parfum d'herbe coupée avait été une de mes plus belles lectures de 2014 et Voyage de noces avec ma mère m'a fait passer un bien agréable moment.

Anne vient de convoler en justes noces avec Raphaël, et prépare leur voyage qui va les entraîner vers les Etats-Unis. Seul bémol, sa mère, fraîchement divorcée, dont le moral et les états d'âme n'ont d'égal que les montages du grand 8. Et les mots qu'Anne ne voudrait jamais avoir prononcés de franchir le seuil de ses lèvres : « Viens avec nous ». Un voyage de noces. Avec sa mère.

Le début de leur périple commence. De leur cauchemar aussi. Choc des cultures entre deux continents, la réalité américaine et ses multiples contradictions et conflits saute aux yeux de notre couple. Pas toujours simple finalement.

Les relations jeunes mariés, mère-fille, gendre-belle-mère sont passées au crible. De l'émouvant à l'insupportable, du burlesque au sarcastique.

Puis arrive Dan et son complet impeccable. Dan et sa profession improbable. Et le road trip s'accélère. Il faut sauver le soldat « maman ». Et si ?

C'est un roman qui m'a beaucoup surprise, je ne m'attendais absolument pas à cela, et j'ai souri, beaucoup souri devant la force des situations. Les réflexions d'Anne s'enchaînent au gré des évènements, son regard sur Numéro Quatre, sur Raphaël, sur sa mère, dans un ensemble succulent. Tellement succulent que je trouve que la fin est arrivée trop vite, l'histoire s'accélère et aurait mérité qu'on s'y attarde un peu plus. Parce que l'histoire avec Dan vaut quand même son pesant de cacahuètes. Quelques pages en plus n'auraient pas été de refus, ce qui est plutôt bon signe.

Et de tout cela, j'en tire une leçon : « Ne jamais partir en voyage de noces avec sa mère ». C'est une très mauvaise idée...