mercredi 28 janvier 2015

Les enfants de la liberté, Marc Levy

Jeannot, Tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumettre au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains.

Si on m'avait dit qu'un jour je ferais un post sur Marc Levy...

Je reconnais des qualités à Marc Levy, ma mère l'adorait. Ses romans la faisaient voyager. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles je les ai presque tous dans ma bibliothèque. Une de mes meilleures amies en est également fan, mais moi... Je trouve que souvent, ce n'est pas assez abouti. Cela me laisse un goût d'inachevé dans la bouche. Les fondations sont bonnes, la plume agréable, mais il manque ce petit quelque chose qui fait que je n'arrive pas à oublier ce qui m'entoure quand je le lis. Ses romans ne m'habitent pas, ils glissent sur moi comme l'eau sur une toiture.

Mais ça, c'était avant de lire Les enfants de la Liberté

Si on m'avait tendu le livre en dissimulant l'identité de l'auteur et en me disant simplement « Lis », je n'aurais jamais deviné qu'il s'agissait de Marc Levy.

Le sujet m'intéresse beaucoup, c'est un fait. Les origines de mon père, ce lourd secret familial qu'il emporta dans sa tombe y sont pour beaucoup. J'ai envie de comprendre, de comprendre mon père et ses fêlures, de comprendre ce qui l'a forgé ainsi, ce qui a tanné ce cuir tellement épais et tellement difficile à transpercer. 

Mais ce n'est pas seulement cela. Je me souviens des histoires de Mémé, ma grand-mère maternelle, cette conteuse formidable, qui, assise sur un banc, l'été, à la lueur de la lune, me racontait des histoires de couvre-feu et de sorties en vélo interdites. Cette Histoire fait partie de mon histoire familiale, de mon patrimoine, de ce que je suis finalement. Les parents de ma grand-mère ont caché des résistants dans le toit de la grange, ma grand-mère paternelle a eu un enfant avec un allemand. C'est notre histoire.

J'ai donc fait fi de mes préjugés pour me lancer dans ce roman. Je ne le regrette pas. Le sujet est grave, traité avec une délicatesse bienvenue. M. Levy a offert à son père, Jeannot, le plus beau des cadeaux : il a raconté son histoire. Et sa plume, celle de l'écrivain qui ne savait pas m'embarquer, m'a capturée dans ses filets pour ne plus me lâcher. Véritable mer d'émotions, j'ai plongé dans cette époque qui a vu naître mon père, je me suis enfouie dans la mouvance de cette résistance du sud qui ne pouvait pas s'engager, mais le faisait quand même à sa manière. J'ai tremblé, j'ai pleuré, j'ai ri, j'ai vécu...

Et c'était pourtant du Marc Levy...

26 commentaires:

  1. Je ne suis pas fan de cet auteur, mais si jamais un jour j'ai une panne de lecture (peu probable ^^), je m'y intéresserai peut-être :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne suis pas fan non plus, je dois le reconnaître. Mais le gros "plus" de ce roman, est que tu ne reconnais pas l'auteur. C'est très différent de ce qu'il fait normalement.

      Supprimer
  2. J'ai adoré ce roman comme beaucoup de Marc Lévy...
    Bises

    RépondreSupprimer
  3. J'ai lu quelques Marc Lévy à l'adolescence et c'est ce titre qui m'a le plus marqué.

    RépondreSupprimer
  4. Oh oui c'est mon livre préféré de Marc Levy, il était tellement beau et comme toi j'étais passé par tout un tas d'émotions tout au long de la lecture.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ça ne m'étonne pas, c'est vraiment un chouette livre, très réussi et très touchant...

      Supprimer
  5. C'est à moi aussi le seul roman de Levy qui m'a plu. Et on n'en parle pourtant pas beaucoup, pas assez je trouve !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, je suis d'accord... Mais que vois-je? tu as un siamois en guise d'avatar? Ça m'intéresse!

      Supprimer
  6. Coucou, je ne l'ai pas celui-ci mais j'adore Marc Levy. Bon week-end bisous.

    RépondreSupprimer
  7. C'est bien l'un de mes favoris de l'auteur. Quel bouquin!

    RépondreSupprimer
  8. Un auteur que je lis très peu, je crois n'avoir lu qu'un seul roman de lui ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis dans le même cas que toi. Mais là réside l'intérêt de ce roman, il n'a rien à voir avec les autres de l'auteur.

      Supprimer
  9. Comme quoi il ne faut pas avoir d'à priori! Tu me donnes presque envie de le lire!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est tellement vrai pour les a priori. S'il n'y avait pas mon histoire familiale, je crois que jamais je n'aurais ouvert ce roman!

      Supprimer
  10. Haaa ! Je ne suis pas une fan de Lévy mais si tu dis que celui-ci est spécial je le lirai :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On ne dirait pas du Levy! J'ai vraiment été très surprise!

      Supprimer
  11. Un livre qui est effectivement très différent des autres de l'auteur. C'est un de mes préférés, car le sujet est très intéressant et c'est un récit qui m'a beaucoup touché.

    RépondreSupprimer
  12. Un des seul Levy que je n'ai pas lu, j'aime bien cet auteur mais je trouve que c'est assez redondant à force. Si ce roman t'a fait vibrer de la sorte c'est super. Je prends note c'est vrai que le sujet traité est intéressant:

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce roman n'a rien à voir avec les autres. Je n'aime pas particulièrement Lévy, et honnêtement, je ne l'ai pas reconnu dans ce roman. Et c'est tant mieux!

      Supprimer