lundi 19 janvier 2015

Un oiseau blanc dans le blizzard, Laura Kasischke

Garden Heights, dans l’Ohio. Une banlieue résidentielle qui respire l’harmonie. Eve nettoie sa maison, entretient son jardin, prépare les repas pour son mari et pour Kat, sa fille. Depuis vingt ans, Eve s’ennuie. Un matin d’hiver, elle part pour toujours. Kat ne ressent ni désespoir, ni étonnement. La police recherche Eve. En vain. La vie continue et les nuits de Kat se peuplent de cauchemars.
L'hiver est froid, le blizzard épais, surtout quand il noie ce quotidien que l'on ne savoure plus. La maison est vide, glacée, on apprend à vivre, avec elle, sans elle, parce qu'elle est partie. La mère de la narratrice, Kat, est partie. Sans rien de plus.

Esprit d'hiver m'avait fascinée. De cette fascination un peu étrange qui vous pousse à tourner les pages alors que l'ambiance vous gèle le sang.

Il en a été de même pour Un oiseau blanc dans le blizzard. L'envie de savoir. L'envie de sortir de ce huis-clos dérangeant. Alors, j'ai tourné les pages. Une, puis une autre, et encore une autre. J'ai découvert Kat, et ses kilos en trop qui fondent comme neige au soleil, son petit ami peu bavard, son père si gentil. J'ai découvert Kat et ses réflexions, son introspection : Pourquoi est-elle partie ? Qui suis-je ? Que vais-je faire de ma vie ? Qu'a-t-elle fait de moi ?

Et les années qui passent qui la ramène inéluctablement vers cette maison familiale. Ses cauchemars qui peuplent ses nuits. C'est le roman de l'absence, de l'identité, de comment on se construit pour et par les autres, de la culpabilité.

J'ai vécu ce huis-clos oppressant, Laura Kasischke est décidément un génie des ambiances. J'ai écouté les confessions de Kat, ses interrogations, ce portrait qu'elle dresse des gens qui l'entoure.

J'ai tourné la dernière page, presque soulagée. Parce que ce livre est aussi froid qu'un congélateur. Mais je l'ai aimé.

19 commentaires:

  1. Ca a l'air intéressant, différent, une réfléxion. Aprés j'avoue que je ne suis pas sure que c'est un sur lequel je me jetterais.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est une auteure assez différente il faut dire.

      Supprimer
  2. Hou Hou, une chronique pleine de givre et un livre à lire bien au chaud sous la couette, j'achète.. . @bientôt, Grybouille.

    RépondreSupprimer
  3. J'adore cet auteur mais je n'ai pas lu celui là, je le ferai pour voir ensuite le film ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai découvert qu'il y a avait un film effectivement. Je suis très curieuse de le voir.

      Supprimer
  4. Je garde un bon souvenir d'Esprit d'hiver que j'avais trouvé très intriguant et il faisait aussi froid dans le dos! Je lirais bien celui-ci :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il est dans la lignée d'Esprit d'hiver!

      Supprimer
  5. Voilà qui me donne très envie de le sortir de ma PAL, merci !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai vraiment apprécié cette lecture!

      Supprimer
  6. Je le veux je le veux je le veux !!!

    RépondreSupprimer
  7. J'ai beaucoup de mal avec cette auteure, j'ai quelques livres d'elle dans ma PAL, qui attendent que je leur donne une deuxième chance...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je comprends, c'est très particulier comme univers. Très noir...

      Supprimer
  8. Je ne connais cette auteure que de nom... Je crois que je vais vite remédier à ce manque comme ça, j'irai voir le film dans la foulée!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis très curieuse de voir le film!

      Supprimer
  9. Cela m'intrigue, va falloir que je vois ça ;)

    RépondreSupprimer
  10. Cette chronique me donne vraiment envie de découvrir ce roman je le rajoute à ma wish-list, l'ambiance pesante de cet ouvrage me tente beaucoup :) Je ne connaissais pas cette auteure

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'aime beaucoup cette auteure, c'est une jolie découverte à chaque lecture!

      Supprimer