samedi 12 octobre 2013

La flèche jaune, Viktor Pelevine



Andreï, un jeune Russe aux accents de philosophe, est l'un des passagers de la Flèche jaune, un train express qui semble n'aller vers nulle part et trimballer en son sein la Russie tout entière. À bord du convoi, évocation de la célèbre Flèche rouge - ce fleuron de la technologie ferroviaire soviétique qui relie Moscou à Saint-Pétersbourg -, la petite société des voyageurs s'organise. Nous suivons Andreï, bien sûr, mais aussi ses étranges compagnons de route : Gricha et Yvan, les businessmen véreux fans de Saddam Hussein, Serioja, le converti au matinisme, une nouvelle religion de la locomotive M-3, ou encore Sergueïevitch, l'éternel nostalgique de l'ère communiste. Dans une atmosphère où le cocasse côtoie le désespoir, l'auteur campe une satire sociale enlevée. Et alors que le train continue sa course folle, Andréï, lui, se choisit un destin. 

Cette semaine, j’ai décidé d’embarquer dans la flèche jaune pour continuer mon voyage à travers la Russie. Tout cela n’est que métaphorique bien sûr, je me demande encore si le train dans lequel je suis montée a une réelle destination. Peu importe à vrai dire, ce n’est qu’un détail de plus du génie de l’absurde de Viktor Pelevine.

Si vous aimez le concret, alors ce livre n’est pas pour vous. Si par contre vous êtes adepte de l’effet miroir, de ces réalités qui n’en sont pas mais qui ont un fond bien ancré malgré tout dans le monde que l’on connait, alors plongez dans Pelevine les yeux fermés.

La Flèche Jaune m’a emmenée au train de la vitesse des rayons du soleil qui tombent sur la table alors que vous prenez votre petit déjeuner du matin, c’est vous dire. Dans ce huis-clos, tous les personnages sont volontairement stéréotypés, et l’absurde flotte avec le burlesque, effet miroir de la Russie post-soviétique. 

Tout est décousu, puis recousu par la file interminable des wagons de la Russie. L’opposition Est / Ouest est flagrante. A l’Est, on vit dans des wagons sans couchettes, sales et bondés et on utilise du papier journal en guise de papier toilette. A l’Ouest, les compartiments sont spacieux et confortables et on a du papier toilette. Un commerce parallèle se tisse dans les couloirs ("Avez-vous du papier toilette à l'effigie de Saddam Hussein?") , on parle de religion, de Saddam Hussein, de thé…

Lorsque j’ai tourné la dernière page, le sentiment d’Andréi m’a sauté à la gorge. Ai-je bien lu ? Ai-je tout compris (je ne crois pas, il y a certainement des références qui m’ont échappé) ? Ces gens existent-ils vraiment ? Est-ce cela la Russie ? Et c'est là que réside le talent de Pelevine, dessiner la réalité dans un chaos absolu...


4 commentaires:

  1. Je ne pense pas que ce livre soit fait pour moi, bien que ta chronique m'intrigue. J'ai peur de me perdre au fil de ma lecture... A voir !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est très particulier comme ouvrage. Honnêtement, j'ai adoré parce que c'est un récit assez court. Plus long cela aurait été difficile je crois. Mais ce n'est pas long, c'est rythmé, grotesque parfois... Cela se lit vite...Mais c'est particulier...

      Supprimer
  2. C'est vrai que l'écriture semble... particulière, mais l'histoire me plaît, je note! Merci :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est particulier, mais dans le bon sens du terme!

      Supprimer