mercredi 8 novembre 2017

Le silence des aveux, Amélie de Lima

Lille, novembre 2010, le corps sans vie d’une adolescente est retrouvé près de la Deûle enneigée, dans d’étranges conditions. Cheveux scalpés, habillée mais sans sous-vêtements, un billet de vingt euros dans la main, tout prête à croire qu’il s’agit d’un crime sexuel. Véronique De Smet, commissaire chargée de l’affaire semble piétiner, les meurtres s’enchainent et l’enquête est au plus bas. Pourtant, un revirement de situation permettra à Véronique de mettre la main sur le présumé meurtrier, un trentenaire qui semble être le coupable idéal. Mais, l’est-il vraiment ? Aidée de l’inspecteur Bernier, Véronique réalisera un travail de fond, sur l’enquête et sur elle-même, pour démêler cette affaire, où rien ne semble être ce qu’il parait.

Les apparences sont souvent trompeuses, c’est un fait que l’on devrait tenir pour acquis, mais pourtant... Qu’il est facile de porter un jugement et de laisser ces fameuses apparences nous mener en bateau.

Véronique De Smet en fait la douloureuse expérience dans ce thriller. Et le lecteur aussi.

Ce roman explore les tréfonds de la psyché de ses personnages. La commissaire De Smet, évidemment, mais aussi Elise, sa meilleure amie qui est aussi la psy de Benjamin, un homme brisé à l’enfance malheureuse. Les grandes lignes sont ébauchées, la découverte du corps sans vie d’une adolescence va être le fil conducteur. Mais ce n’est que la surface. Rappelez-vous, ces fameuses apparences...

Rien n’est ce que l’on croit, et Amélie de Lima, en plongeant les failles de chacun de ses personnages, efface la ligne qui sépare le bien du mal. Dans ce récit, il n’y a aucun schéma manichéen. Véronique est un antihéros, Elise un personnage complexe, Benjamin un homme semblable à un labyrinthe. Tous portent en eux les cicatrices de leur passé, tous sont le fruit de ce qu’ils ont vécu. Compassion, tristesse, agacement, tendresse sont autant d’émotions distillées au fil des pages.

L’écriture souvent oralisée insuffle un vrai rythme au récit, les pages défilent tandis que les cartes sont brouillées. Et la fin... Pendant ma lecture, j’avais eu des doutes mais je ne voulais pas y croire. Mais l’auteur a osé.

J’aurais dû me souvenir que les apparences ne sont qu’un écran de fumée...


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