dimanche 4 septembre 2016

L'incandescente, Claudie Hunzinger

Des jeunes filles qui sont des Enfants terribles s’écrivent des lettres d’amour.
« Marcelle était la pire et ma préférée. »
Toutes fuient la mort. La mort les rattrape. Elles y mettent le feu.
Elles sont du côté de la vie. Leur pays est l’adolescence, ce passage de tous les dangers.

C'est un roman singulier que nous livre Claudie Hunzinger, un roman-immersion dans l'histoire de sa mère, Emma, la belle Emma qui fascine tant, un roman-plongée dans ses amours avec Marcelle, cette relation débutée à l'adolescente et qui se prolongera dans le temps. L'auteure, au gré de la lecture de lettres que sa mère écrivait à/ recevait de Marcelle, va exhumer le passé pour tenter de comprendre sa personnalité insaisissable.

Claudie Hunzinger flirte avec les genres littéraires, autobiographie, biographie, autofiction, elle dialogue avec le passé et restitue une époque, des moments de vie à partir d'extraits de lettres, de photos ou même de ses propres interrogations. Elle intervient régulièrement dans le récit et interpelle Marcelle, cette fille au désir si brûlant et qui elle aussi a souffert de l'abandon de la belle Emma. Marcelle finit d'ailleurs par occuper totalement l'espace du récit, l'on vit avec elle cette maladie qu'il ne faut pas nommer -la tuberculose-, son amour pour Emma, et la perte de ses amies.

Les premières pages de ce récit m'ont beaucoup déstabilisée et auraient pu me faire sortir de ces mots. Il y règne une certaine confusion, celle de la mémoire qui tente de se souvenir, celle de ces lettres qu'on lit, qu'on ne comprend pas tout de suite, mais qui finissent par s'imbriquer pour compléter le puzzle. Mais le contraire s'est produit. Je me suis plongée moi aussi dans cette découverte d'Emma, dans cette rencontre avec Marcelle sans pouvoir m'arrêter, et cette Marcelle tourmentée, je l'ai énormément appréciée. J'ai eu le sentiment que Marcelle -l’aimée-, celle qui a vécu dans l'ombre de Marcel-l'élu- était soudain libérée et prenait vie dans ce qui, en plus d'être une sorte d'enquête sur une femme, est aussi le fidèle reflet d'une époque. Le récit est vraiment très efficace et nourri par une plume travaillée, portée par la simplicité du cœur.

D'ailleurs, je n'espère qu'une chose, que viendra aussi celui de Marcel, le père de Claudie Hunzinger, ce fantôme qui flotte entre deux lignes et qui ressurgit ponctuellement pour nous rappeler sa présence. Il m'a réellement interpelée, ma curiosité est piquée. 

Ce roman est le deuxième volet d'une trilogie, je vais vite me procurer le premier.


16 commentaires:

  1. Comme toujours, je retiens le titre !

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    1. C'est un roman très particulier qui interpelle beaucoup, je trouve.

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  2. Je ne connaissais pas du tout. Merci pour la découverte :)

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  3. Ce n'est pas forcément le type de roman qui m'aurait attiré mais j'espère que tu passeras un bon moment avec le premier aussi.

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    1. Je pense que oui, la surprise du style est passée, et finalement, maintenant je sais à quoi l'attendre, et ce que je cherche en quelque sorte.

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  4. « portée par la simplicité du cœur » - c’est déjà très beau et suffisant pour me convaincre…
    Tu lis de beaux livres Céline! Bisous

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    1. Je suis sûre qu'il pourrait te plaire.

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  5. Il est dans ma PAL, et je ne savais pas qu'il s'agissait d'une trilogie. En tout cas ton avis me donne vraiment envie de me plonger dedans là tout de suite.

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    1. C'est un projet de trilogie. Le premier a été publié, et c'était donc le deuxième.

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  6. Vu ce que tu en dis, j'ai hâte que tu lises les autres tomes pour en savoir davantage !
    Bonne recherche et bonnes lectures !

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    1. Pour l'instant, je suis raisonnable! Ca m'arrive parfois! oui, oui!

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  7. Ma curiosité est piquée aussi tiens ! Et je t'en remercie Céline :)

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    1. Je ne sais pas si te dire "De rien". Ton banquier n'a rien contre tes achats livresques? :)

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    2. Bonne stratégie, très bonne stratégie! lol

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