lundi 15 février 2016

Le silence des bombes, Jason Hewitt

Juillet 1940. La petite Lydia, 11 ans, traverse un village du Suffolk. Elle porte un masque à gaz. Les magasins sont fermés, les maisons vides, les fenêtres condamnées. Lydia coupe à travers champs et arrive bientôt devant une grande demeure. C'est là qu'elle a grandi. La fillette espère y retrouver sa famille, mais la maison est déserte. Plus tard, dans la nuit, un soldat portant un fusil et un uniforme anglais pénètre dans la maison. Avec un étrange accent, il lui explique qu'il ne lui fera pas de mal, mais qu'elle ne doit pas quitter les lieux et qu'elle doit obéir à certaines règles... Dit-il la vérité ? Que cherche-t-il ? Pourquoi lui semble-t-il aussi familier ? Et surtout, comment connaît-il le nom de Lydia ?

J'aime beaucoup les romans qui ont trait à la Seconde Guerre Mondiale, et la mémoire est une petite chose étrange, mais je me souvenais parfaitement d'une chronique du Chat du Cheshire sur ce roman. Quand il a croisé ma route, je me suis lancée. Et je n'ai aucun regret.

Les bombes de la guerre explosent dans toute l'Europe, partout. Aucun pays n'est épargné. Même l'Angleterre qui craint une invasion allemande et a préparé la population à réagir en tant qu'attaque. Les enfants sont envoyées en zone protégée, certains villages sont désertés. L'exode de la peur est là. La guerre est loin mais si proche. Lydia a 11 ans, et revient chez elle. Mais elle a la mauvaise surprise de découvrir que les lieux sont vides. Il n'y a ni famille, ni voisin. Personne. Plus personne. Comment faire quand on n'a que 11 ans ? Sa mère va forcément revenir, il ne peut en être autrement... Il faut juste attendre.

La guerre n'a pas simplement dévasté les pays qui ont été envahis. Elle a aussi frappé de plein fouet les allemands. Le soldat en est un bon exemple. Musicien amoureux avant la guerre, il devient cet être qui tente de survivre comme il peut dans le tumulte du conflit.

Le récit est lent, oppressant, l'horreur n'a pas besoin de sang. Ce huis-clos se révèle au fil des pages et l'humanité naît de l'inhumain. L'insertion de flash-back donne un vrai souffle au soldat, qui est hanté par sa conscience. Il a tout perdu, il veut vivre, tenter de se reconstruire. Mais il refuse de commettre l’innommable, et le contact avec Lydia va lui montrer que rien n'est simple dans ce monde.

L'auteur a parfaitement su retranscrire les émotions de cette petite fille seule, désoeuvrée, qui comprend vite que sa survie dépend du bon vouloir de cet homme. Ses réflexions sur le monde, sur cette guerre qu'elle ne comprend pas jalonnent ce roman, tout comme celles du soldat. Ces deux personnages s'animent, se construisent au fil des pages. Les pièces du récit d'imbriquent petit à petit pour nous emmener dans une direction que je n'avais pas forcément prévue.


Ai-je aimé ce roman ? Oui, c'est indéniable. La lenteur du récit a parfaitement servi l'histoire, la noirceur a insufflé un vent d'émotions dans mon cœur. Ce sont des pages difficiles, mais empreintes d'une émotion lourde. 

J'ai vraiment apprécié. 

18 commentaires:

  1. Je suis très contente qu'il t'ait plu :) ! Un rythme assez lent, mais ça ne fait que renforcer l'histoire.

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  2. J'aime beaucoup ce genre de romans aussi meme si j'en lisais beaucoup plus quand j'étais plus jeune. Ca donne envie d'y retourner!

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  3. J'aime aussi beaucoup les romans qui parlent de la Deuxième Guerre Mondiale.

    "l'humanité naît de l'inhumain" - j'aime...
    Bisous Céline, c'est toujours un plaisir de te lire

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  4. Tu as le don de distiller la curiosité ma chère Céline, encore une chronique qui m'intrigue beaucoup trop, je l'ai rajouté à ma whish-list parce que ce récit à l'air vraiment particulier. Merci pour la découverte :)

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    1. J'ai vraiment beaucoup aimé ce récit, j'espère qu'il te plaira!

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  5. Ah oui je me souviens aussi de la chronique du Chat du Cheshire! Il faudrait que je découvre ce roman :)

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  6. Une lecture qui pourrait me plaire ! :)

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  7. Ton émotion est palpable...
    J'aime beaucoup la couverture.

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    1. Les éditions Prélude publie de bien jolies couvertures je trouve.

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  8. Tentatrice va !!! Tu es terrible et moi je suis très faible ! Le duo idéal quoi :D

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    1. Moi aussi je suis faible... très faible! :p

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  9. Tu me donnes très envie de découvrir ce livre qui m'a l'air très fort! Merci pour cette découverte!

    PS: et merci pour les gentils commentaires que tu as posté sur mon blog ❤

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    1. Les commentaires laissés sur ton blog étaient vraiment sincères...

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